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La vie de la Confrérie - Echos
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Qu´est ce qu´une Confrérie ?
Le coin de l´oenophile

     QU'EST-CE QU'UNE CONFRERIE ?    


Pour le dixième anniversaire de notre Ambassade d'Indianapolis, en 1992, nos amis ont publié une plaquette. Ils y ont inclus une histoire de l'origine des Confréries en France.
Nous ne sommes pas historiens et nous n'avons donc pu vérifier l'authenticité des informations contenues dans ce document.

Il nous a semblé toutefois très cohérent et vraisemblable. Nous vous le transmettons ci-dessous dans sa traduction française.


Jusqu’au 13ème siècle, pour les rois et leurs invités, être empoisonné  faisait partie des risques du métier. C’est à cette époque que la première Confrérie a été créée par décret royal. On la nommait le « Conseil des Echansons », qui rassemblait des Maîtres dégustateurs. Ces premiers membres des Confréries cultivaient la vigne, faisaient le vin, dégustaient le vin, garantissant ainsi au roi et à ses invités leur pureté. Les vins qu’ils servaient étaient connus comme des vins nobles. Après ces débuts, les règles de service du vin à table évoluèrent, proposant le mariage des vins avec les mets, et même, depuis cette époque, fixant l’habitude de déguster le vin à table avant de servir les invités.

Les Confréries vineuses cessèrent d’exister en France à l’époque de la Révolution française. Ce fut un désastre dont les effets furent aussi lourds de conséquences que ceux résultant de la Prohibition pour le vignoble américain.

Avant 1855, la France éprouva la nécessité de produire de bons et même de grands vins et mit en route la procédure de classement des crus, rétablissant la noblesse des grands vins. Au cours des années qui suivirent, les « Appellations Contrôlées » furent créées pour garantir la qualité des vins et un décret fut publié destiné à mettre de l’ordre dans les associations constituées dans le but de promouvoir les vins français, ce qui entraîna le rétablissement des Confréries Vineuses.

Une des premières Confréries créées a été l’« Ordre Universel des Chevaliers du Cep ». D’autres Confréries vineuses furent créées pour promouvoir les vins de leur région, mais aussi pour promouvoir les vins de partout dans le monde.

La « Confrérie des Compagnons Goustevin de Normandie » fut créée en 1967 par des marchands de vins normands avec pour objectif d’étendre la connaissance des vins de qualité. N’étant pas installée au sein d’une région viticole, elle n’a de comptes à rendre à aucune structure commerciale en relation avec quelque vignoble que ce soit. Elle en tire une totale liberté dans le choix des vins qu’elle souhaite promouvoir et garde son indépendance totale pour exprimer son point de vue sur tous les vins.

 

Le 13 octobre 2007, notre Confrérie organisait à Rouen un grand rassemblement de Confréries dans le cadre de la Fête du Ventre et de la Gastronomie Normande avec le concours de l'A.N.O.C.C.

Acette occasion, une messe était dite en la Cathédrale de Rouen par Monseigneur Jean-Charles Descubes, Archevêque de Rouen. Au cours de l'office, il prononçait une homélie consacrée à l'histoire et le rôle des Confréries.

Il nous parait intéressant de vous proposer également son point de vue.

En voici quelques extraits:

 

Vos costumes de cérémonies aux couleurs chatoyantes nous font traverser les siècles et, pour certains de vos ordres, commanderies et confréries nous ramènent au Moyen Age, époque où ils furent établis.

Les communes s’essayaient à la liberté. Le commerce acquérait une dimension européenne. Les confréries instituaient des liens entre les villes et les pays, et donnaient aux divers corps de métier et professions les moyens de s’organiser pour une plus grande efficacité et de se défendre face au pouvoir politique. 

Forgée au nom d’intérêts économiques, cette solidarité développait rapidement un important volet social : une entreprise aussi modeste soit-elle est toujours une communauté d’hommes et de femmes. J’en veux pour preuve les saints patrons sous la protection desquels vos ordres s’abritaient : les récits de leur vie mêlant histoire et légende associent la qualité de leur travail et leur charité : saint Fiacre pour les jardiniers, saint Honoré pour les talmeliers, saint Eloi pour les orfèvres et combien d’autres. Et comment à Rouen ne pas évoquer les drapiers qui avaient choisi pour emblème l’agneau pascal, symbole du Christ le souverain pasteur donnant sa vie pour ceux qu’il aime ? 

La Révolution, l’Empire et la Restauration supprimeront et interdiront toute corporation, confrérie, association et rassemblement. Nous avons tous assez de souvenirs de l’histoire apprise à l’école pour être conscients de la misère qui caractérise la naissance de nos sociétés industrielles au XIX° siècle : le travail des enfants et des femmes, le non respect du dimanche, l’absence de protection sociale. 

Aussi dans la première encyclique sociale Rerum Novarum, en 1891, le pape Léon XIII n’hésite pas à écrire : « Le (XVIII°) siècle a détruit, sans rien leur substituer, les corporations anciennes qui étaient une protection … Les travailleurs isolés et sans défense se sont vus, avec le temps, livrés à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d’une concurrence effrénée. » 

Le relais est désormais pris par les organisations professionnelles et les syndicats. Ils sont des rouages indispensables pour que nous puissions vivre dans une société juste et plus fraternelle et connaître la paix sociale. 

Pour autant vos ordres, commanderies et confréries ne sauraient être considérés seulement comme des survivances folkloriques ou des organes témoin d’un passé révolu. 

Ils nous inscrivent dans l’histoire et dans la tradition. Sans mémoire un groupe perd une partie de son identité. Il est essentiel de savoir d’où nous venons.  

Les coutumes que vous maintenez, les fêtes que vous organisez, les rassemblements que vous vivez témoignent aussi à l’évidence que l’homme ne vit pas seulement de pain et que l’économie n’est pas à elle seule l’unique chemin pour arriver au bonheur.

Je pense que ce que nous désignons comme étant d’ordre culturel est appelé à tenir dans nos sociétés plurielles une place analogue à celle que tenait la religion dans les siècles passés. Les croyants y avaient leur part. La culture, à travers les arts et les fêtes, exprime ces valeurs sans lesquelles il ne nous serait pas possible de vivre ensemble. Vous y tenez votre place. 

Aussi dans cette eucharistie que vous avez souhaité à l’occasion de ce premier rassemblement international dans le cadre de la fête du Ventre de Rouen, nous rendons grâce pour l’œuvre sociale et culturelle accomplie à travers les siècles par vos ordres, commanderies et confréries.

             ...................

Que le pain de la Saint Romain qui nous sera offert et que nous partagerons ensemble à la fin de cette célébration montre qu’il est effectivement possible de construire une société où chaque personne est considérée, où chaque groupe social est respecté dans ses coutumes et ses traditions.

 13 octobre 2007

Cathédrale Notre Dame de Rouen

 
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