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Visite Royale en Ecosse
du 4 au 10 juin 2010

Par Michel Goulon,
Grand Maître des Ambassades

J’ai sillonné l’Ecosse dans tous les sens. C’était je pense mon 15ème voyage sous ces hautes latitudes. Je n’avais plus rien à découvrir. Là-bas, j’avais déjà tout vu, éprouvé toutes les sensations prodiguées par cette contrée magnifique. Mais c’était mon devoir d’accompagner nos amis de la Confrérie pour ce nouveau périple.

Au moment d’écrire ces quelques lignes de compte rendu, il ne m’est pas possible de centrer cet article sur quelque point fort. Impossible de faire un choix. Tout était tellement merveilleux et l’ambiance tellement amicale. Nos amis écossais s’étaient véritablement surpassés. Nous devons un grand merci à toute l’équipe écossaise. Mais j’adresse à Nicol Manson, notre Ambassadeur et Connétable à Inverness et à notre ami Ormond Smith, Narrateur, des remerciements tout particuliers pour le séjour enchanteur qu’ils nous ont offert.

L’amitié était présente à tous moments, la convivialité était de règle à chaque instant. Les contacts avec nos amis allemands (treize d’entre eux avaient fait le voyage, presque tous les membres du Conseil Magistral de Zeltingen étaient là) se sont révélés des plus amicaux. Les Français et les Allemands, mais aussi deux Anglais ne formaient qu’un groupe, malgré parfois la différence des langues.

Je m’en tiendrai là ! Finies les élucubrations personnelles !

Place au compte rendu. (Une dernière observation tout de même : de l’avis unanime – anciens comme nouveaux – ce voyage est à classer parmi les plus réussis auxquels ils aient jamais participé).

 

Un long voyage (deux vols depuis Roissy CdG - des heures d’attente aux contrôles des bagages), entrecoupé d’une partie de tarots acharnée pour certains à Birmingham, nous voilà enfin  accueillis par Nicol et Ormond au Waterside Hotel, sur les bords de la rivière Ness. A peine le temps de nous rafraîchir et la « machine » tourne déjà à plein régime. Les kilts sont là (qui saura jamais dire ce que portent les écossais sous leur jupe ?). Déjà le Haggis – la panse de brebis farcie - accompagné du maître queux  et suivi de James Sheerin, entre en salle au son des cornemuses. James, en acteur consommé, déclame « The address to a Haggis », sort son grand coutelas, ouvre la panse de brebis, essuie son couteau ruisselant du gras du Haggis sur ses manches (rassurez-vous, il faisait  seulement semblant). Moment émouvant pour l’âme écossaise, mais si j’ose m’exprimer ainsi, à chaque fois elle vous « prend aux tripes », quand bien même eussiez vous déjà assisté à cette cérémonie.
Héribert, de Zeltingen et Michel remercient chaleureusement Nicol et Ormond (photo de gauche)

James Sheerin déclame le célèbre poème de Robert Burns, "The address to a haggis"
Les Ecossais vouent un véritable culte à leur poète national. Il est fêté tous les ans chaque 25 janvier au cours d'une "Burns Night"

Wilfried et Anne ouvrent en même temps le bal et leur lune de miel. Mariés civilement à Londres il y a quarante ans, ils auront attendu ces derniers jours pour se marier à l'église. Leur voyage en Ecosse est aussi leur voyage de noce.

Samedi matin, repos prévu. Repos ? Bien sûr, quel meilleur repos pour les dames que de courir les magasins d’Inverness  et faire le plein de cashmeres (et accessoirement de vider leurs escarcelles).

Samedi soir, cérémonies d'intronisations dans le majestueux Town Hall d'Inverness.

Le Conseil Magistral d'Ecosse ouvre le Chapitre d'intronisations.
Rouen et Zeltingen avaient envoyé chacune une délégation forte de quatre échevins.

Photo de famille
Nous étions au total dix-huit compagnons en robes.
Seul, l'escalier d'honneur était assez vaste pour tous nous réunir

 Puis dîner de gala au Drummossie Hotel.

 

Lynne Sherriff (Master of Wine) présidait le dîner gala. Elle était ce jour-là notre Noble Dame d'Honneur

 

Les danses traditionnelles sont toujours à l'honneur dans les grandes soirées organisées par nos amis écossais

De nationalité sud africaine, Lynne préside à Londres le réputé « Institute of Masters of Wine ». Oenophile et experte accomplie, elle parle un excellent français (appris dans les vignobles hexagonaux) et tout aussi parfaitement la langue allemande . La soirée fut mémorable, les mets excellents, les vins choisis avec perfection. Pour corser la soirée, un orchestre de 18 musiciens (cornemuses, tambours, grosse caisse) nous a tous beaucoup impressionnés. Chacun pouvait ensuite s’adonner aux danses traditionnelles écossaises. Ambiance assurée. Des autocars ramenaient tous les convives à l’hôtel ou à leur domicile. En Ecosse, il ne fait pas bon être surpris au volant de sa voiture par la police avec ne serait-ce qu’un tantinet d’alcool dans le sang.

Dimanche, embarquement sur les rives du Loch Ness, direction Urquhart Castle. A bord, chacun scrutait l’eau espérant bien entrevoir Nessie, le célèbre monstre, solidement accroché par précaution à son voisin. Capricieux, celui-ci n’a pas daigné se montrer, au grand dam de tous.

Pour nous remonter le moral après ce cuisant échec, nous faisions étape à Drumnadrochit, chez Dick Beach, pièce importante de la Confrérie en Ecosse, dans son restaurant « The Fiddlers ». Dick Beach a remporté plusieurs fois le titre de grand spécialiste es whisky. Dans son restaurant il en possède en effet plus de 600 sortes. L’objectif était de nous servir un repas arrosé uniquement de whisky. Nous avons pu déguster six « crus » différents. Nous avons appris que ce breuvage se déguste, non pas tel quel, mais additionné d’un peu d’eau pure. Une carafe d’eau et des pipettes sont disposées sur les tables dans ce but. Expérience originale !

Dick verse du "Balvenie" 12 ans d'âge

Une (toute) petite partie de la collection de wiskies de Dick

 

Le temps jusque-là mieux que clément (c’était l’été avec quelques jours d’avance) s’étant gâté et refroidi, le barbecue prévu le soir chez Nicol, à son domicile, à dû être rapatrié au Waterside. Les grillades étaient faites dans la cuisine de l’hôtel, mais l’ambiance pouvait continuer d’être toujours aussi chaleureuse. 

Lundi, visite de l’Abbaye de Pluscarden. De là nous avons rejoint la distillerie Glenfarclas où un accueil digne de VIPs nous était réservé par John Grant, le propriétaire des lieux. Après la visite de la distillerie, un buffet somptueux nous était offert, présidé par Monsieur John Grant lui-même. D’excellents vins français accompagnaient huîtres, langoustines, viandes, charcuteries, fromages et desserts. Nous avons été gâtés au-delà de toute espérance. Nous pouvions ensuite goûter quelques vieux (voire très vieux) whiskies. Il y en avait pour tous les goûts, depuis le quinze ans d’âge jusqu’au millésimé 1962. Une splendeur ! Michel Goulon a bien entendu chaudement remercié John Grant pour sa générosité et la gentillesse de son accueil. Il lui rappelait aussi que son père, feu George, avait présidé un Chapitre de la Confrérie à Aviemore (près d’Inverness) le 14 juin 1989.

 

Un buffet bien assorti - des convives pleins d'appétit - il y en aura pour tout le monde

 

Une salle accueillante, digne des VIPs que nous sommes un instant

 

Michel remet à John Grant, au nom de la Confrérie, un souvenir de la Normandie en compagnie de Nicol et de Héribert.

Un Glenfarclas millésime 1962 !
Nous en avons encore les saveurs sur nos papilles
.

Nous prenions possession le soir de nos chambres au Pittodrie House Hotel. Dans cette très vieille demeure, un château datant pour certaines de ses parties du quinzième siècle, nous étions logés dans des chambres extrêmement confortables.

A la fin du dîner, nous avons fêté l’anniversaire de Jean-Paul Bouyer. Heureux homme, toutes les dames se sont empressé de lui sauter au cou.

Après le dîner, de très haute tenue, certains ont éprouvé quelque difficulté pour retrouver leur chambre, errant le long de ces couloirs qui faisaient irrésistiblement penser à un labyrinthe inextricable.

Les chambres rejointes, chacun s’était enfermé à double tour, dans la crainte d’avoir la visite du fantôme familier de ces lieux. Que s’est-il réellement passé cette nuit-là ? Nous ne le saurons jamais. Personne ne nous a fait la moindre confidence.

Mardi était le jour des visites royales. Au programme : Balmoral la résidence d’été de SM la Reine. Le château ne se visite pas, sauf l’une des pièces. Le spectacle est assuré par les jardins. Le temps malheureusement n’était pas propice et ne permettait pas de déambuler entre les massifs. Dommage. Ensuite nous étions accueillis par un piper (joueur de cornemuse) engoncé dans son imperméable à l’entrée de Glamis Castle. Une visite remarquable nous était assurée par un guide parfaitement francophone. Nous avions le privilège rare d’être autorisés à prendre des photos. Certains ne s’en sont pas privés. L’histoire du fantôme (et oui, comme dans presque tous les châteaux écossais, Glamis Castle "possède" son propre fantôme) nous a été contée sous toutes ses facettes. Tout le monde le sait, les fantômes ne se manifestent que la nuit. Nous n’avons donc pas été déçus de ne pas le rencontrer en plein jour. En revanche, le déjeuner nous était servi dans les cuisines du 13ème siècle. Cadre vraiment très impressionnant !

Le Château de Balmoral sous la pluie

Les convives se régalent dans les cuisines du Château de Glamis Castle datant du 13ème siècle

Nous faisions étape à Dundee. Le RRS Discovery est exposé dans le port. Ce bateau mythique est le dernier trois mâts en bois construit ici même à Dundee à la fin du 19ème siècle. Il a conduit Scot et Shackleton en 1902 dans l’Antarctique où il est resté piégé deux ans dans les glaces. Il est devenu désormais un symbole aux yeux des britanniques.

Puis nous « embarquions » à bord du Yacht Royal Britannia à quai dans le port de Leith, banlieue de Edinburgh. Superbe navire, sans faste inutile, désarmé aujourd'hui et aménagé pour permettre aux visiteurs de partager l’intimité de la reine, du temps où le Royal Britannia naviguait autour du monde. Un détail pourtant : le Yacht royal transportait une Rolls Royce qui avait à son bord son propre emplacement de « parking ». Avant de l’y mettre, il fallait démonter les pare-chocs avant et arrière. 

 

 

Ces deux navires sont tous les deux très chers au coeur des Britanniques. Ils symbolisent l'un, l'esprit d'aventure et de conquête qui a toujours motivé nos voisins d'Outre-Manche, l'autre l'attachement à la couronne britannique.

 

Il restait encore à découvrir Rosslyn Chapel, malheureusement en travaux, puis à déjeuner dans un restaurant typiquement écossais dans le village de Roslin.

Dans la capitale de l’Ecosse Edinburgh, nous étions magnifiquement logés dans un 4 étoiles, le Roxburghe Hotel. La visite des vieux quartiers et du Château situé au sommet du rocher qui domine la ville fut un enchantement.

Le dîner d’adieu avait lieu à Southqueensferry, sur les bords de la Firth of Forth. Un repas succulent arrosé de vins eux-mêmes excellents nous fut servi dans le salon Fuschia par Grant, le fils de Nicol, qui dirige l’Hôtel-Restaurant Orocco Pier. Le salon Fuschia est situé tout au bord de l’eau et ouvre une vue magnifique sur le pont métallique, The Forth Rail Bridge qui symbolise la ville d’Edinburgh.

 

The Forth Rail Bridge vu depuis le salon Fuschia

Après les embrassades, le groupe se séparait, chacun repartant dans sa direction. Mais les promesses de se retrouver bientôt meublaient toutes les conversations.

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